Publication Conflit entre un psychiatre et ses pairs à propos d'une réfugiée. '' C'est une affaire de conception et de principe''

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Conflit entre un psychiatre et ses pairs à propos d'une réfugiée. '' C'est une affaire de conception et de principe''
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A sa demande, un psychiatre périgourdin, Francis Remark, 58 ans, vient d'être rejugé par le conseil régional de l'ordre des médecins d'Aquitaine, à Bordeaux, et attend le verdict de ses pairs. Après une première comparution le 2 février devant la chambre disciplinaire, il avait été condamné à un blâme pour "violation du secret médical", et fait appel de cette décision.

"C'EST UNE AFFAIRE DE CONCEPTION ET DE PRINCIPE"

Il est reproché à Francis Remark d'avoir lancé une pétition en faveur d'une de ses patientes sans papiers, menacée d'expulsion, et informé une cinquantaine de ses confrères de l'état de santé de cette dernière, qui se voyait refuser par la préfecture de la Dordogne l'examen de son droit au statut d'"étranger malade". Ce statut concerne des personnes suivies pour troubles psychologiques suite aux traumatismes subis dans leurs pays d'origine. Chaque dossier est traité au cas par cas. La réponse du conseil de l'ordre de la Dordogne fut de déposer plainte contre le psychiatre. Le médecin suit cette réfugiée kosovare depuis son arrivée en France en 2007, où elle a demandé l'asile politique et un accès aux soins.

En faisant appel de la décision, M. Remark a rappelé qu'il avait partagé ses informations avec des confrères, et donc sous couvert du secret médical, après avoir sollicité en vain l'administration pendant six mois, et avec l'accord de sa patiente. "C'est une affaire de conception et de principe", estime le psychiatre, pour qui le secret médical n'a de sens que dans l'intérêt du malade, et qu'il doit être analysé "avec d'autres devoirs, essentiels, du médecin, dont, au premier chef, celui de soigner".

Il est soutenu dans sa démarche par une pétition de 2 000 signatures de la Ligue des droits de l'homme, par la Ligue de l'enseignement et le Réseau éducation sans frontières (RESF). Les militants de RESF estiment à une trentaine le nombre de sans-papiers se voyant refuser l'accès aux soins en Dordogne. Enfin, ils déplorent que plusieurs psychiatres subissent des pressions en France, accusés de délivrer des certificats de complaisance dans des affaires concernant des étrangers.









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