Que peut-il se passer dans la tête de joueurs évoluant dans l'équipe considérée comme la plus faible de la compétition ? Au vu de la prestation réalisée dimanche 8 juin par les Autrichiens devant leur public viennois, la peur du ridicule ne les a pas handicapés face aux Croates.
Culottés, enthousiastes, très en jambes sur le plan physique et se créant plusieurs occasions nettes, les joueurs de Josef Hickersberger ont tout tenté. En vain. Après avoir encaissé un penalty dès la 3e minute, les coéquipiers du rugueux Emanuel Pogatetz ne se sont pas comportés comme les "nuls" qu'ils sont censés être. Sous le charme, et surtout rassuré par le niveau de jeu de ses compatriotes, le public viennois a donné de la voix et encouragé jusqu'à la dernière seconde sa sélection.
La défaite, imméritée, pourra-t-elle, toutefois, être surmontée sur le plan psychologique ? "Mes joueurs sont très déçus. Et déprimés", a révélé le sélectionneur autrichien à l'issue de ce premier match de l'Euro disputé par une sélection qui se traîne aux alentours de la centième place mondiale selon le classement établi par la Fédération internationale de football (FIFA).
"MENUS RÉGLAGES"
En Autriche, pays de Sigmund Freud, on sait travailler sur l'inconscient. Et avec les footballeurs locaux, il y a de quoi faire. Quelle autre équipe nationale européenne peut, par exemple, se vanter d'avoir perdu un match à domicile 4-3 après avoir mené 3-0 à la mi-temps ? C'est ce qui est arrivé à l'Autriche, le 26 mars à Vienne, face aux Pays-Bas.
Josef Hickersberger, le sélectionneur, a conscience des faiblesses psychologiques de ses joueurs. Depuis quelques mois, il travaille en étroite collaboration avec deux hommes de l'art : le coach "mental" Günter Amesberger et le préparateur anglais Roger Spry, ancien conseiller de José Mourinho à Chelsea et d'Arsène Wenger à Arsenal.
Lors de sa prise de fonctions fin 2006 avec la sélection autrichienne, Spry n'a pas hésité à proclamer que l'Autriche pouvait devenir championne d'Europe ! Le préparateur anglais n'a pas osé renouveler de tels propos en public mais tout au long de la préparation à l'Euro, il a tout de même souligné sa confiance dans les joueurs autrichiens, comparés à des "Ferrari" auxquelles ne manqueraient que "quelques menus réglages". Josef Hickersberger, le sélectionneur, se veut lui aussi optimiste : "Notre bonne prestation face aux Croates me rend confiance. Mon équipe me semble capable de prendre quatre points contre la Pologne et l'Allemagne."
En juillet 2007, la sélection des moins de 20 ans a terminé 4e du Mondial. Un tiers des joueurs sont passés par "Challenge 2008", un projet censé favoriser le développement de jeunes joueurs grâce à un suivi technique, tactique, athlétique, médical et psychologique. En attendant le retour d'une improbable Wunderteam, un clip diffusé sur You Tube présente l'irrésistible parcours de la sélection de Josef Hickersberger jusqu'à la victoire de l'Euro, le 29 juin à Vienne. Sigmund, reviens, ils sont devenus foot...