Publication Bienvenue chez les psy ? La société irait-elle mieux si des efforts accrus étaient consentis en matière de psychothérapie ?

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Bienvenue chez les psy ? La société irait-elle mieux si des efforts accrus étaient consentis en matière de psychothérapie ?
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La société irait-elle mieux si des efforts accrus étaient consentis en matière de psychothérapie ? En étoffant l'offre de soins contre l'anxiété ou la dépression, cette prise en charge renforcée aurait-elle une incidence bénéfique, ou des effets pervers rendraient-ils cette politique de santé contre-productive, malgré son coût humain et matériel ?


A la suite de la proposition d'un économiste anglais (Lord Layard) d'intensifier les psychothérapies contre « la souffrance massive » liée aux « pathologies mentales non traitées », le British Journal of Psychiatry ouvre le débat en confrontant les avis opposés de deux spécialistes.

L'un considère cette démarche utile, par les temps (de détresse) qui courent où angoisse, dépression, phobie, TOC... mineraient le quotidien de nombreux Britanniques. Or au pays de Sa Gracieuse Majesté, les psy semblent débordés : « un an ou plus en liste d'attente, avant de bénéficier d'une thérapie CBT » (cognitivo-comportementaliste). Mais pour son « debater », une « psychiatrisation » croissante de la société aggraverait in fine les difficultés, son expérience lui ayant montré « combien il est difficile de décoller une étiquette psy », une fois appliquée. D'où sa contestation d'un recours systématique à la psy, en particulier aux thérapies CBT en vogue outre Manche, mais ne constituant pas des panacées contre des problèmes extra médicaux (chômage, isolement, insertion). Ce malentendu serait dangereux car un suivi psy généralisé renforcerait la passivité des individus, déresponsabilisés et rendus dépendants du thérapeute, au point de ne plus s'assumer seuls face aux difficultés de l'existence.


Selon Lord Layard, 800 000 personnes supplémentaires par an auraient besoin d'une thérapie CBT. Mais l'ampleur de cette évaluation la rend douteuse : « si 20 % des gens relèvent du psy, réexaminons d'abord nos critères diagnostiques avant d'examiner ces gens » estime Derek Summerfield. Avec cet argument-choc : « selon une étude de l'OMS, ceux chez qui une dépression est diagnostiquée par des médecins vont en moyenne un peu plus mal que les déprimés pour lesquels ce diagnostic n'est pas formulé » !

Summerfield D et Veale D : Proposals for massive expansion of psychological therapies would be counterproductive across societ. Br J Psychiatry 2008 ; 192 : 326-330.






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