Celui qui exécute une tâche routinière relâche sa concentration et peut alors commettre une erreur. Demain, un appareil pourrait anticiper le phénomène et éviter les catastrophes, chez les conducteurs notamment. Des chercheurs de l'université de Bergen (Norvège) ont en effet montré qu'une erreur d'inattention survient généralement après que le cerveau a adopté un profil d'activité particulier qui le met, en quelque sorte, en roue libre.
Treize volontaires ont été soumis à un jeu répétitif tandis que leur cerveau était observé par IRM (imagerie par résonance magnétique). Ils devaient distinguer deux motifs de flèches sur des vignettes, 400 fois de suite. A force de réitérer l'exercice, le cerveau, qui adore la routine, finit par se mettre en mode automatique. En IRM, les scientifiques ont pu observer précisément la mise en place de ce profil d'activité de la routine. On voit ainsi très bien que le lobe frontal qui contrôle la cognition et la mémoire de travail baisse d'activité tandis qu'augmente celle d'un réseau de plusieurs régions de l'arrière du cerveau, impliqué dans l'état de repos. C'est à ce moment-là que certains joueurs commettent une erreur. Selon Tom Eichele, coauteur de l'étude, celle-ci survient très exactement entre six et trente secondes après l'apparition de l'état de relâchement.
«L'IRM portable n'étant pas pour demain, nous recherchons maintenant une corrélation entre cet état cérébral particulier et un tracé d'électroencéphalogramme qui pourrait, lui, être détecté par une technologie mobile et sans fil.» Le casque anti-gaffes, c'est pour demain !