Publication Résultats et analyse du sondage national Psy en mouvement sur le Projet de décret relatif à l'usage du titre de psychothérapeute

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Résultats et analyse du sondage national Psy en mouvement sur le Projet de décret relatif à l'usage du titre de psychothérapeute
Description :

Avant de vous livrer les résultats de ce sondage, je voudrais d’abord remercier toutes celles et ceux qui ont répondu, montrant ainsi l’intérêt qu’ils portent à l’évolution de notre profession. Le sondage a été fait dans l’urgence, il n’a pas été possible de le réaliser dans les règles de l’art ; de même l’analyse qui suit ne rend compte que d’une partie de la richesse des réponses, au demeurant très significative. Elle porte sur les 128 premières réponses, et nécessitera d’ici quelques temps un correctif tenant compte des dernières réponses. Mais le temps presse.
Les résultats bruts de la première question se répartissent ainsi, selon la profession et l’avis exprimé :

 

Total

Très favorable

Favorable

Assez favorable

Défavorable

Très défavorable

Psychothérapeutes

97

1

11

36

39

10

Psychiatres

0

 

 

 

 

 

Psychologues

13

0

4

4

4

1

Psychanalystes

9

0

0

4

2

3

Étudiants

3

0

0

2

1

0

Autres

6

0

1

1

4

0

 

 

 

 

 

 

 

Totaux

128

1

16

47

50

14

Pourcentage

 

0,78%

12,50%

36,72%

39,06%

10,94%



On constate que, si les avis plutôt défavorables dominent, le résultat général est nuancé et les avis assez favorables nombreux. Il n’y a donc pas de rejet absolu du projet de décret. Remarquons que ce sont les psychanalystes qui sont les plus sévères, et les psychologues les plus favorables, ce qui n’est pas étonnant. Une seule personne, psychothérapeute et en outre médecin, s’est déclarée très favorable.

Pour rendre compte des commentaires, exprimés par 104 personnes (les 25 autres ont simplement donné leur avis) j’ai procédé à une analyse de contenu, par catégorisation, en repérant les items les plus souvent représentés, avec plusieurs items possibles par réponse. On constate que ce sont très nettement les réserves qui dominent, y compris lorsque l’avis général est « assez favorable » et même « favorable ». Ceci n’est pas contradictoire, puisque l’on a tendance à exprimer plutôt les points de désaccord, même lorsqu’on est globalement favorable.

Les critiques les plus fréquentes.

La première critique porte sur la formation des psychothérapeutes, et, en filigrane, leur définition même. La formation par des études universitaires, et l’obligation de stage en institution psychiatrique sont jugées mal adaptées ou absurdes (29 fois). Si l’importance de la psychopathologie est soulignée, il est souvent noté qu’elle n’est qu’un aspect du bagage nécessaire pour un psychothérapeute. Celui-ci n’est pas un « psychopathologue ». Plusieurs personnes (9) notent l’absence d’exigence de travail sur soi, pourtant essentiel dans l’exercice de la psychothérapie. D’autres critiques (22) portent sur la définition même de la psychothérapie à laquelle conduira l’application du projet de décret. On trouve absurde « qu’un diplôme réglementé par le code de la santé publique ..(permette) d'avoir le titre de psychothérapeute, alors que ces diplômes ne garantissent en rien une formation solide en psychopathologie et des compétences en psychothérapie » . Ce décret ne protège pas contre « les "gourous" de tout poil ». La spécificité de la psychothérapie, non réductible à un savoir universitaire, est précisée (7 fois). D’une manière générale, les critères conduisant à la définition du titre de psychothérapeute apparaissent mal adaptés, et ne correspondant pas à la réalité de l’exercice de la profession.

Vient ensuite le traitement de la « clause du grand-père » qui est très critiqué (35 fois). L’absence de représentants des psychothérapeutes en exercices revient le plus souvent. Le risque de contrôle de la profession par des personnes qui ne la pratiquent pas est évoqué. L’inquiétude se manifeste pour les psychothérapeutes en exercice depuis moins de trois ans. Mais l’argument le plus utilisé est celui de la cohérence et de la justice : On ne trouve « pas normal » qu’une commission statuant sur une profession ne contienne pas ses représentants. On ne voit, sinon, « pas d’utilité » à de telles commissions.

Les critiques dures, exprimant le rejet total du décret, et même l’utilité de légiférer sont rares (2). Au total, nous avons décompté 94 items exprimant les divers mécontentements.

Les arguments favorables.

Ils sont beaucoup moins nombreux (14) . Le principal est la clarté que va apporter ce projet de décret, exprimé 8 fois de manière explicite. De manière implicite, toutefois, cet aspect apparaît dans d’autres remarques, témoignant de l’envie assez fréquente de voir la profession mieux définie. Deux personnes apprécient l’égalité entre tous les psychothérapeutes que représente, pour elles, le décret. Les futurs arrêtés indiquant les dérogations, ne leur donneront pas forcément raison. Enfin la nécessité d’une formation universitaire en psychopathologie est notée 4 fois.
Une seule personne est très favorable à ce projet de décret, ne voyant que des avantages à son application.

Conclusion.

Les réponses à ce rapide sondage correspondent d’assez près à l’analyse qu’avait faite le bureau de PsY en mouvement, et que j’avais notamment exprimée dans une première réaction parue sur le site. Il y a une volonté plutôt majoritaire de réglementer la profession de psychothérapeute, selon les critères que donne cette profession elle-même et qui, nous devons le noter, ne sont pas pour l’instant très précis. Le désir de précision est donc net. Mais les deux points critiques concernent la formation et le traitement des professionnels en exercice.

Ces deux points se complètent d’ailleurs et conduisent à résumer ainsi les critiques :
 La définition du titre de psychothérapeute ne peut se résumer à un savoir défini par des heures de cours, ou de stage. Elle doit inclure un travail sur la personne même du thérapeute.
 Les professionnels en exercice doivent participer à la définition de leur profession.


Pour nous, cela veut dire concentrer notre action à deux niveaux :
 À court terme, agir pour pouvoir intervenir dans les commissions statuant sur les « grands-pères ».
 À plus long terme, organiser la profession, en défendre la spécificité, développer la formation, initiale autant que continue.

C’est à cela que s’applique PsY en mouvement, notamment en lançant une pétition nationale, qui correspond aux avis exprimés par ce sondage.

Bruno Décoret
Vice-président.







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