Publication Isabelle David : ''l ne faut pas avoir honte de dire que l'on a peur de prendre l’avion''. Pour cette spécialiste du stress aéronautique, il existe différents profils de stressés en avion, des phobiques aux terriens, en passant par les décideurs.

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Isabelle David : ''l ne faut pas avoir honte de dire que l'on a peur de prendre l’avion''. Pour cette spécialiste du stress aéronautique, il existe différents profils de stressés en avion, des phobiques aux terriens, en passant par les décideurs.
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Pour cette spécialiste du stress aéronautique, il existe différents profils de stressés en avion, des phobiques aux terriens, en passant par les décideurs. Explications et conseils.

Comment vit-on un voyage en avion lorsqu'on a peur de voler ?

Eh bien, tout d'abord, on l'appréhende plusieurs jours avant. On commence à élaborer des scénarios, on trouve difficilement le sommeil, on y pense sans arrêt… Et surtout on stresse, c'est-à-dire que l'on met en place un mécanisme de survie alors qu'il n'y a pas de danger. Et ce stress se ressent physiquement, avant et pendant le vol, par de multiples symptômes : difficultés à respirer, nausées, maux de ventre, transpiration… Enfin, on a peur de paniquer, de ne pas gérer le danger, ou de ne pas pouvoir sortir de l'avion.

Peut-on parler de phobie pour toutes les personnes qui sont stressées de prendre l'avion ?

Non, le degré de gravité n'est pas le même. Les phobies ne se limitent généralement pas à l'avion, mais touchent par exemple d'autres moyens de transport comme le train ou le métro, voire toute situation qui est vécue comme un enfermement (claustrophobie). Le problème requiert alors de s'adresser à un psychologue ou à un psychiatre dans le cadre d'une thérapie de type comportementale par exemple.

Donc en dehors des phobies, pour quelles autres raisons a-t-on autant peur de l'avion ?

On distingue quatre grands profils de stressés. Premier profil, les terriens. Ils sont à l'aise lorsqu'ils sont sur la terre ferme, mais dès qu'ils sont dans l'air, ils se sentent en danger. Ils ont peur du vide, du décollage, de la panne de moteur et ne comprennent pas comment un avion peut voler. Second profil, les décideurs. Ils se plaignent du manque de contrôle à bord de l'avion et ne supportent pas de rester passif sur leur fauteuil pendant des heures. Troisième profil, les anxieux. Leur imagination débordante leur fait envisager le pire. Ils ont en tête le souvenir de films catastrophes, ils voient l'avion en feu, qui explose, ou encore déchiré en deux ! Dernier profil, les personnes qui développent une peur de prendre l'avion à la suite d'un incident de vol comme une panne. Et alors qu'ils avaient toujours pris l'avion avec plaisir. En réalité, les choses ne sont pas si cloisonnées. Une même personne peut en effet être anxieuse et en même temps avoir peur du vide.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui stresse à l'idée de prendre l'avion ?

Le plus important c'est de communiquer son stress, de ne pas avoir honte de cette peur de l'avion et de ne pas hésiter à le dire au personnel de bord. D'une part celui-ci pourra le rassurer. D'autre part, c'est toujours réconfortant de savoir que le personnel sera disponible et à l'écoute pendant la durée du vol. Ensuite, il faut occuper son esprit : lire, regarder un film, dessiner, etc. Pour ceux qui ont peur de l'altitude, les écrans vidéo qui suivent la trajectoire de l'avion sur une carte virtuelle sont très rassurants car ils permettent de visualiser concrètement la progression de l'avion. Enfin, apprendre une technique de relaxation peut être très efficace.

Et pour apprendre à vaincre la peur de l'avion sur le long terme ?

Les thérapies cognitives apportent des solutions concrètes pour apprendre à maîtriser ce stress. Au sein d'Air France, nous avons même mis en place un stage "apprivoiser l'avion" qui comporte une partie théorique et une partie pratique avec un simulateur de vol. Les "terriens" peuvent ainsi apprendre à maîtriser leur peur du vide en essayant de comprendre comment fonctionne l'avion. Les "décideurs" qui ont besoin de tout contrôler peuvent aller plus loin et apprendre par exemple à décoder les bruits de l'avion. En revanche, pour les phobies plus sévères, il faut se tourner vers une prise en charge médicale et psychologique.



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