Publication A l'aéroport de Roissy, les psychologues découvrent des enfants traumatisés

dans les publications Psy en mouvement :


Retour vers les publications


Publication précédente Voir cette publication ? Publication suivante

A l'aéroport de Roissy, les psychologues découvrent des enfants traumatisés
Description : LE PETIT GARÇON se roule par terre et se tape la tête contre le sol à plusieurs reprises. Une psychologue le calme, mais il recommence quelques minutes plus tard. Dans un coin de la salle de l'aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle où sont accueillis, jeudi 27 juillet, les réfugiés français du Liban, une jeune fille demeure prostrée, les yeux dans le vague, sans que rien ne parvienne à attirer son attention. Enurésie, état de panique, mutisme, agressivité et même violence contre eux-mêmes : une partie des enfants rapatriés du Liban présentent des signes sérieux de troubles psychiques liés à la guerre.

Ces constatations, assez classiques lors de catastrophes ou de conflits, s'accompagnent d'une difficulté supplémentaire aux yeux des psychiatres et psychologues chargés d'accueillir les familles à leur arrivée à l'aéroport : une partie des parents, eux-mêmes psychologiquement blessés par les précédentes guerres du Liban, se trouvent dans l'incapacité de répondre aux besoins de leurs enfants.

La réminiscence de leurs propres souffrances les met en difficulté. « Beaucoup d'adultes pensaient qu'ils avaient souffert de la guerre dans le passé, mais que c'était terminé pour leurs enfants. Leur croyance et leur espoir d'un avenir meilleur pour leurs enfants se sont effondrés en quelques heures », explique Thierry Baubet, psychiatre à l'hôpital Avicenne de Bobigny, qui coordonne la cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) mise en place par la préfecture à Roissy.

Entre deux entretiens avec les familles, Yoram Mouchnik, psychologue, souligne l'importance du choc et sa particularité : « Les parents avaient déjà vécu la guerre, ce qui les avait conduits à fuir le pays. Ils s'étaient réinstallés avec la paix, et les voilà obligés de repartir. Ce nouvel épisode réactive tout le passé. »

« LEUR PREMIÈRE GUERRE »

Certains demandent des anxiolytiques. Quelques-uns indiquent aux médecins que les images des conflits précédents sont remontées à la surface. Les parents éprouvent de grandes difficultés à expliquer la guerre, notamment aux plus jeunes. « Parler du conflit est difficile pour tout le monde. Mais, quand on l'a vécu soi-même, la tâche est encore plus délicate parce qu'on est envahi par sa propre histoire », explique M. Baubet.

La culpabilité ajoute une difficulté supplémentaire. De nombreuses familles sont parties vers la France, mais ont laissé au Liban une partie de leurs proches qui n'ont pas la nationalité française.

Pour les plus jeunes, la guerre est bien plus difficile à comprendre qu'une catastrophe naturelle. « Pour tout le monde, mais surtout pour les enfants, la guerre révèle la nature monstrueuse de l'être humain. »

Assise dans la salle d'attente de l'aéroport, une mère de famille raconte à un psychiatre son effroi chaque fois qu'elle entendait un avion ou une explosion. Pensive, elle regarde ses enfants : « C'est leur première guerre... »


Reagir a cette publication ?

Vous souhaitez avoir toutes les informations sur cette publication ? Inscrivez-vous sur notre extranet et vous pourrez consulter le detail de cette publication et y reagir.


Publication précédente Voir cette publication ? Publication suivante




Retour vers les publications



Copyright Psy en mouvement Le site d'informations et d'actualités des psys français
Publications générées par le VigiPortal
Gestion communautés virtuelles
Partage de connaissances
Plateforme de veille collaborative