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Une psychothérapie peut se dérouler sous quatre formes: en relation individuelle (patient/thérapeute), en groupe, en couple ou en famille. Pour chaque méthode thérapeutique décrite dans cet encadré, j'indiquerai à côté du nom de la méthode, sous quelles modalités elle se pratique généralement. Par convention:
(I) Psychothérapie se pratiquant en relation individuelle.
(G) Psychothérapie se pratiquant à l'intérieur d'un groupe (comprenant généralement entre 6 et 15 personnes)
(C) Psychothérapie se pratiquant en couple ou en famille.
1. L A P S Y C H A N A L Y S E (I).
La psychanalyse freudienne ou psychanalyse orthodoxe.
Les hommes sont des animaux parlants. Et la parole est une énergie dotée d'une puissance extraordinnaire. Les mots peuvent nous combler ou nous blesser, nous fortifier ou nous déstabiliser, nous détruire ou et nous ouvrir à la vie, nous emprisonner ou nous libérer. C'est ce pouvoir libérateur de la parole que Sigmund FREUD a mis en évidence, voici un siècle, en "inventant" la psychanalyse. Avant lui, on pensait que la conscience était au centre du psychisme, que l'homme agissait toujours de manière raisonnable et rationnelle. Il n'en est rien. Le centre stratégique du psychisme est occupé par un lieu nommé: "INCONSCIENT", lieu opaque contenant l'ensemble des causes et mécanismes cachés qui déterminent à notre inssu notre comportement, nos sentiments, nos choix, nos décisions, lieu aussi où nous avons enfouis les blessures secrètes de notre enfance (traumatismes, conflits précoces, carences affectives...) Ces blessures nous les avons “refoulées”. Cela veut dire qu’elles n’ont pas disparues mais qu’elles demeurent actives sous la ligne de flotaisons de notre conscience. Elles se manifestent dans la vie quotidienne sous une forme déguisée, celle d'un symptôme (tic, begaiement, peur irraisonnée, échec répétitif...) qui tend à se répèter. La signification du symptôme échappe donc de prime abord. Elle doit être décryptée comme on traduit un texte dans une langue étrangère. La psychanalyse se propose de suivre ce fil, de le déchiffrer, de l'interpréter, c'est-à-dire de lui faire dégorger son sens en le reliant à sa cause inconsciente. Concrètement, la cure psychanalytique consiste à instaurer une relation entre analyste et patient telle que celui-ci puisse ramener à la conscience le conflit infantile, le revivre dans la relation au praticien (TRANSFERT) et, cette fois, le dépasser. La technique utilisée est celle des "ASSOCIATIONS LIBRES". Il est demandé au patient, allongé sur un divan, d'associer sans censure ni réserve les mots et les phrases qui lui viennent spontanément à l'esprit. Ce faisant, il pourra exprimer par la parole les fragments douloureux de sa vie affective (haine, amour, peur, colère, désir sexuel...) et mieux comprendre sa propre histoire.
La psychanalyse jungienne.
Pour C.G.JUNG, élève dissident de FREUD, notre histoire ne commence pas à la naissance. Elle s'inscrit dans une histoire collective, porteuse d'idéaux, de mythes, de croyances, de valeurs, de rêves, qui précède notre naissance biologique. Cela signifie que, sous la couche constituée par l'"inconscient individuel", il y a un soubassement originaire, racine de la vie psychique, l'INCONSCIENT COLLECTIF. Celui-ci est constitué d'ARCHETYPES, c'est-à-dire de noyaux organisateurs constitués de croyances, de pensées, de fantasmes, de mythes communs à tous les individus d’une même civilisation, voire à l'humanité toute entière. Lorsqu'ils sont stimulés, ces archétypes s'expriment par des symboles. L'art et les rêves en sont les révélateurs privilégiés. Au-delà de notre "MOI" (la conscience ordinaire) et derrière notre “PERSONA” (notre identité social) se cache notre identité authentique. Celle-ci n'est jamais acquise d'emblée mais doit "venir au monde". Cette identité véritable et profonde, est le “SOI”. La névrose est simultanément un état de désunion avec soi-même et une tentative de guérison. Nous nous différencions les uns des autres par les archétypes qui organisent à notre inssu notre personnalité et notre existence. Le psychanalyste jungien tentera de mettre à jour ces archétypes actifs. Pour y accéder, il exploitera l'analyse des rêves nocturnes, des rêveries diurnes, des fantasmes, des productions artistiques spontanées. Fondée sur une connaissance approfondie des grands mythes humains, la psychanalyse jungienne (appellée aussi: "psychologie analytique") entend aider le sujet en quête de lui-même à trouver sa vérité profonde (processus d'individuation) et à favoriser l'accomplissement du destin auquel il se sent appelé.
La Dasein-analyse ou psychanalyse existentielle.
L’homme est le seul animal au monde qui dit “je”, qui a conscience de lui-même, qui est capable d’assumer la responsabilité de ses actes, de choisir la vie qu'il veut vivre et d’échapper ainsi au carcan de la programmation génétique de son espèce et aux conditionnements de sa programmetion socioculturelle. Il est doté de POTENTIALITES, c'est-à-dire qu'il peut dépasser sa condition initiale (son "moi superficiel") et accéder à une pleine réalisation de lui-même ("moi profond"). Il est créateur de son propre devenir, grâce à l'élaboration de PROJETS personnels. C’est par la singularité de nos projets, que nous donnons sens à notre vie. Ce sens que nous attribuons aux choses édifie notre UNIVERS SUBJECTIF. Chaque homme, chaque femme est unique car il (elle) habite un univers subjectif propre. La névrose se définit en analyse existentielle non pas comme une "maladie" (définition psychiatrique) ou comme le résultat d'un refoulement (définition freudienne) mais comme un INFLECHISSEMENT DU SENS de la vie, provoquant un appauvrissement de l'univers subjectif. Le névrosé est en quelque sorte prisonnier de THEMES INCONSCIENTS qui, au lieu de l'ouvrir à la liberté intérieure, l'enferment dans une perception appauvrie de lui-même, des autres, du monde, de l'existence. Le but de l'analyse ne s'exprimera donc pas en terme de "guérison" mais plutôt en terme de "transformation" de l'être: la personne doit ré-organiser sa perception d'elle-même et des choses, élargir ses possibilités d'être, en un mot: retrouver sa LIBERTE CREATRICE.
La psychanalyse lacanienne.
Avant d'exister pour et par lui-même, l'enfant est ce que le désir et la parole des autres (de ses parents, de la société) font de lui (le "Discours de l'Autre"). L'enfant s'inscrit dans une culture qui pré-existe et lui impose d'emblée ses normes sociales et son langage (un ORDRE SYMBOLIQUE). L'inconscient est structuré comme un langage", dit LACAN. Cela signifie deux choses. D'une part, l'inconscient est une "structure" cachée, secrète, opaque, qui détermine fondamentalement l'orientation consciente du psychisme (comme la syntaxe apprise à l'école: quand nous parlons, nous se sommes pas conscients des règles grammaticales qui régissent la construction de nos phrases). D'autre part, cette structure secrète est soumise à des lois d'organisation interne (à des règles de grammaire, pourrait-on dire) similaires à celle de la langue. Quand nous parlons, nous remplaçons une chose (l'objet "table") par un mot (le mot "table"), un "signifié" par un "signifiant". Mais en nommant les objets, nous prenons une certaine distance par rapport à eux. Qu'est-ce que parler, en définitive, sinon "décoller" de la matérialité des choses en y substituant des mots. Vivre, c'est pareil, c'est remplacer une expérience vécue (exemple: un sentiment de tristesse) par un symbole abstrait (le mot: "dépression"). C'est donc créer, au fil du temps, une distance de plus en plus grande entre ce qui est "vécu" et ce qui est "dit". C'est pourquoi l'homme est, par nature, divisé, "aliéné" c'est-à-dire étranger à lui-même. Entre sa réalité profonde et le discours conscient qu'il tient et par lequel il se raconte des histoires, viennent s'insinuer les illusions de son imaginaire (ce que je prends pour "moi", n'est finalement qu'une image bricolée). Le problème de l'homme névrosé n'est pas qu'il possède un imaginaire mais qu'il en est prisonnier. Tout se passe comme s'il prenait les contenus de son imagination pour la réalité. Il "guérit" non pas lorsqu'il cesse de se raconter des histoires (des histoires, on s'en raconte toute sa vie) mais lorsqu'il comprend que ce sont des histoires et ne se sent plus obligé d'y croire. Il devient alors SUJET.
La psychothérapie d'inspiration analytique.
On regroupe sous cette appellation, une série de pratiques qui s'inspirent de la théorie freudienne, mais s'éloignent des directives techniques de FREUD. Elles suppriment notamment la position du divan (analysant et analyste se parlent en se regardant) et utilisent d’autres ressorts d’exploration psychique que les seules "associations libres". Citons, à titre d'exemple, le "PSYCHODRAME ANALYTIQUE" qui se pratique en groupe et exploite les ressources de la théâtralisation. Au lieu d'être seulement racontées, les scènes importantes ou événements marquants du passé y sont joués, comme au théâtre, avec la participation active des autres patients, assignés à la fonction de répliquants. Les restituer de cette manière permet d'en désamorçer la charge émotionnelle. La parole se voit renforçée par la mise en action du corps et l'activation de ses possibilités expressives. Plutôt que de parler de son expérience, le patient est invité à la "mettre en scène".
2. LE REVE EVEILLE DIRIGE (R.E.D.) (I).
Quand on est triste, on a les "idées noires" et tout paraît gris. Quand on est amoureux, les choses prennent des couleurs vives et on voit la vie en rose. Dans notre expérience psychologique, les images suscitent des émotions. Les émotions, en retour, créent des images. Monde des images et monde des émotions sont si étroitement imbriqués que tout ce qui se passe dans l'un se répercute dans l'autre. Si quelque chose change dans l'imaginaire, le vécu émotionnel se modifie. Si un élément du vécu émotionel change, l'imaginaire ne peut demeurer identique. L'imaginaire est donc un constituant essentiel de notre univers mental et de notre subjectivité. Il dynamise notre existence et lui donne son élan. Les images mentales sont de puissants moteurs d'action. Elles nous aident à nous connaitre et à réaliser nos buts. Chez le névrosé, l’imaginaire est morcellé en représentations anarchiques qui, au lieu de s'harmoniser et de s'entendre, vivent pour leur propre compte et luttent les unes contre les autres. Cette lutte est génératrice de tensions intérieures et de tortures psychiques. La thérapie par le Rêve Eveillé Dirigé, (initiée par Robert DESOILLE) est un travail centré sur l'IMAGINAIRE. Son but est d'aider le patient à restructurer ses représentations imaginantes (son univers subjectif), à rencontrer ses fantasmes afin de les intégrer de façon plus harmonieuse dans sa personnalité, en affrontant (plutôt qu'en fuyant) les images génératrices d'angoisse et de conflit. Par des consignes précises, le patient est invité à rêver tout haut et à explorer son imaginaire selon un axe vertical à deux directions: DESCENTE et ASCENSION. Dans la "descente", il s'agit d'affronter les niveaux les plus instinctifs de sa psyché, de rechercher les besoins et émotions enfouis au plus profond de l’être. L’ascension est la direction de la lumière. Il s'agit pour le patient de voir comment il peut "socialiser" ses instincts et ses représentations c'est-à-dire les utiliser à des fins positives de restructuration et de libération personnelle. Grâce à ce processus exploratoire et cathartique (permettant des décharges émotionnelles) à deux directions, il peut vider les abcès du passé et trouver des options mieux adaptées à sa réalité.
3. LA BEHAVIORTHERAPY ou THERAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE (I).
Pour les thérapeutes comportementalistes (en anglais: "behavior"= comportement), la conduite de l'homme dérive non pas d'un hypothétique "inconscient" mais de processus de conditionnement et d'apprentissage. La névrose n'est pas la conséquence d'un "refoulement" (comme le pensent les psychanalystes) mais une CONDUITE dérangeante (réaction ou "réponse") qui apparaît chaque fois que le sujet est confronté à certaines situations (STIMULI). Le claustrophobe qui craint les ascensseurs, répond par une CONDUITE INADEQUATE et invalidante (angoisse, désir de fuite, transpiration...) à un STIMULUS parfaitement inoffensif ( l'ascensseur est en bon état de marche). Cette conduite invalidante hypothèque sa vie quotidienne. Il faut donc la faire disparaître. Comment? En pratiquant un DECONDITIONNEMENT. Grâce à la technique de "désensibilisation systématique", le thérapeute aidera son patient à trancher ce lien réflexe indésirable qui unit une situation anxiogène (endroit clos) et une réaction maladive (peur panique). Il commencera par l’inviter à la détente et à la relaxation. Cela fait, il lui proposera d'aller progressivement à la rencontre du stimulus générateur d'angoisse. Ainsi, par exemple si vous souffrez d'une peur maladive des serpents, il vous incitera à visualiser un serpent et à vous en approcher par l'imagination jusqu'à ce que vous parveniez à le toucher en toute sérénité. L'état physiologique de relaxation étant incompatible avec celui du stress ou de l'anxiété, la réponse anxieuse se verra ainsi annihilée. Cette méthode de thérapie est dite "symptômatique" parce qu’elle vise à éradiquer un symptôme, sans supputer l’existence d’une cause cachée. Elle travaille sur les processus cognitifs (façon de penser), les conditionnements réflexes, les relations sociales actuelles, l'environnement (au lieu d'être renvoyé à son monde intérieur, le patient est invité à se tourner vers le monde extérieur). Elle utilise les questionnaires de personnalité et évalue l’évolution vers la guérison au moyen d’échelles standardisées.
4. LA PSYCHOTHERAPIE NON-DIRECTIVE ou CENTREE SUR LE CLIENT. (I).
Toute personne possède en elle les ressources nécessaires à sa propre maturation, les forces de croissance lui permettant d'accéder à une plus grande liberté intérieure. Pour Carl ROGERS, initiateur de la psychothérapie centrée-sur-le-client, la névrose n'est rien de plus qu'un obstacle à cet élan, à cette croissance. La personne "névrosée" est coupée de ses propres expériences et de ses racines. Elle est incapable de prendre conscience de ses sentiments et de ses besoins réels, donc de vivre pleinement au quotidien. Le but de la thérapie sera de stimuler les forces de croissance en sommeil de façon à aider le "client" à accéder à l'ACTUALISATION DE SOI. La thérapie rogérienne est un dialogue en face-à-face. Plutôt que d'aborder son client au moyen d'une théorie préalable, d’une “écoute d'Ecole”, le thérapeute se branche sur l'expérience vécue et restituée par celui-ci. Il s'immerge dans son univers subjectif et tente de le “sentir de l'intérieur” (EMPATHIE). L'attitude du praticien est une ACCEPTATION POSITIVE INCONDITIONNELLE. Le professionnel est un accompagnateur, un facilitateur, un catalyseur (c'est le client qui conduit sa thérapie). Il s'abstient de toute interprétation et de toute directivité. Il se pose face à son client comme personne REELLE (non comme opérateur technique), CONGRUENTE (en accord intime avec lui-même) et "AUTHENTIQUE" (il ne s'agit pas pour lui de jouer un rôle mais d’être lui-même).
5. L'ANALYSE TRANSACTIONNELLE (A.T.) (I/G).
Dans la vie, les choses se passent comme sur la scène d'un théâtre. Nous y jouons un rôle et nous attendons des autres qu'ils nous offrent la réplique adéquate. Ce rôle, nous l’avons appris dans l’enfance. Il s’insère dans un SCENARIO DE VIE, sorte de "patron", de plan directeur, qui, sans que nous en fûssions conscients, guide souterrainement nos actions et nos comportements, nos sentiments, nos désirs et nos choix . Comment construisons-nous notre scénario de vie? Dès notre naissance, nous sommes immergé dans un bain de messages émanant de nos parents et de nos proches. Ces messages (exprimés avec des mots, des gestes, des attitudes, des inflexions de la voix ...), peuvent être regroupés en deux familles. Les MESSAGES PERMISSIFS nous aident à croître, à nous épanouir, à nous ouvrir aux expériences cruciales (grandir, être soi, réussir, être intime, être proche des autres ...). Les MESSAGES INHIBITEURS entravent notre développement, nous ferment l'accès à ces mêmes expériences essentielles (rester petit, ne faire confiance à personne, ne pas exprimer ses émotions, ne jamais s'en sortir seul ...). Sur foi d’une compréhension (approximative, parfois tronquée) de ces messages, nous décidons comment nous devrons nous comporter dans l‘existence pour obtenir des autres gratifications et signes de reconnaissance. Cette DECISION DE SURVIE (prise entre trois et six ans) est souvent une solution de moindre mal, celle qui nous permettra de survivre malgré les carences et insuffisances de notre milieu. Le problème est que nous continuons à nous y soumettre toute notre vie. Elle nous empèche alors de satisfaire nos besoins affectifs, de nous adapter à notre réalité actuelle, de communiquer sainement avec l'autre, de réussir ce que nous entreprenons, de jouir de la vie etc. En thérapie, l'analyste transactionnelle aidera son patient à retrouver les messages parentaux inhibiteurs imprimés dans son “enfant intérieur”, ainsi que la (les) décision(s) de survie qui en ont découlés. Il l'aidera surtout à prendre conscience de l'incidence négative de cette décision sur sa vie actuelle. Le patient sera alors invité à revivre dans la relation thérapeutique, toutes les émotions associées à ces messages anciens (colère, peur, tristesse...) et à "détacher l'ELASTIQUE" qui le relie au passé douloureux. Il sera en mesure de prendre alors une nouvelle décision, adaptée cette fois à sa réalité actuelle. L'initiateur de l'A.T. est le psychanalyste américain Eric BERNE.
6. LA GESTALT-THERAPIE (I/G).
La Gestalt-thérapie (de l’allemand “gestalt” = forme) cible prioritairement le processus de satisfaction du besoin. Elle le décrit comme un cycle de cinq étapes (sensation- prise de conscience-énergétisation- contact- retrait) en forme de boucle (la case arrivée fait retour à la case départ). La névrose est l’impossibilité pour la personne de boucler le cycle. Celui-ci demeure bloqué à l’une des étapes et ne peut se conclure. La plupart de nos maux psychiques sont la conséquence d’un inachèvement de ce type qui prend source dans les relations noueés avec les personnages importants de notre enfance. Elle persiste avec la virulence d'un abcès qui empoisonne la vie et pervertit toutes les expériences ultérieures du même genre. Si je consulte un "gestalt-thérapeute", il m'invitera à revivre en séance les émotions associées à ma relation primitive avec mon père, ma mère, ou tout autre personnage affectivement investi, à lui exprimer ce que je n'ai pu lui dire alors (mon désespoir, ma rage, mon sentiment d’injustice....). Je serai alors en mesure de comprendre pourquoi il n’a pu apporter à mon besoin la satisfaction espérée, de lui pardonner le cas échéant et de nouer avec les autres des relations d'adulte "nettoyées" des rancoeurs d'antan. Outre l'échange verbal classique en face-en-face, le gestalt-thérapeute utilise essentiellement deux méthodes spécifiques: la technique des deux chaises et l'analyse des rêves. La première consiste à suggérer au patient d'entamer un dialogue avec un personnage signifiant (le père, la mère, la soeur, le conjoint...) en plaçant ce personnage sur une chaise face à soi. Le patient est invité à occuper successivement l'une ou l'autre chaise selon qu'il parle en son nom ou qu'il fait parler l'autre. La seconde méthode est une analyse de rêve qui consiste à isoler les éléments significatifs du rêve, à revivre plusieurs fois l'histoire en s'identifiant successivement à chacun de ces éléments. En gestalt-thérapie, l’accent est placé sur le vécu affectif présent, sur ce qui est ressenti ici et maintenant. L'initiateur de la Gestalt-therapy est l'américain Frédéric PERLS
7. LA BIOENERGIE. (I/G).
Lorsqu'un tracas survient, notre estomac se noue. Lorsque nous avons peur, nous tremblons. La personne humaine est une UNITE INTEGREE CORPS/MENTAL. Le SOMATIQUE et le PSYCHIQUE interagissent l'un sur l'autre et dans les deux sens. La plupart de nos inhibitions, de nos traumatismes psychologiques, de nos conflits émotionnels se manifestent non seulement comme "états d'âme" (versant psychologique) mais aussi comme symptômes physiques (versant somatique). Ils se voient traduit dans le "langage du corps", la plupart du temps sous forme de tensions musculaires, de perturbations respiratoires, de distorsions dans le mouvement et la motilité. Par exemple: si je suis très timide et que j'éprouve des difficultés à m'affirmer dans l'existence (versant psychique), il y a de fortes probabilités pour que ma respiration manque d'amplitude (versant somatique). Si je me sens obligé de donner aux autres et à moi-même l'image d'un individu qui "tient bon" en toutes circonstances (versant psychique), j'épouverai vraissemblablement des tensions localisées dans la nuque et les épaules (versant somatique). L’énegie vitale qui normalement devrait s'écouler régulièrement et librement (comme le sang dans les veines), se voit soudainement bloquée, entravée comme si un caillot en perturbait le cours. En thérapie, le bioenergéticien commencera par procéder à une "lecture corporelle". En observant la manière dont son patient marche, respire, bouge, déplace son corps dans l'espace, il effectuera un relevé des tensions révélatrices de blocages émotionnels. Sur foi de ce diagnostic, il aidera celui-ci à retrouver les émotions reprimées pendant l'enfance (parce que frappées d'interdits) et les besoins vitaux insatisfaits (parce que méconnus) de façon à liberer l'expression des premiers et à permettre une meilleure satisfaction des seconds. Comme en psychanalyse, il s'agit donc d'un "langage" à décrypter, mais ici, ce langage est celui du corps plutôt que celui du verbe. La méthode bio-énergétique a été développée aux USA par Alexandre LOWEN.
8. LE REBIRTHING (I/G).
Le rebirthing (de l’anglais “rebirth” = renaître) ouvre un accès privilégié aux zones les plus archaïques de la psyché, notamment aux expériences émotionnelles oubliées, vécues durant les premiers moments de la vie et celles qui ont entourés la naissance (expériences peri-natales). Il se pratique en position couchée dans une chambre sombre. Le patient est invité à se détendre et à augmenter progressivement l'amplitude et le rythme de son inspiration et de son expiration. Après une vingtaine de minutes, le patient entre en hyperventilation. Sans perdre le contrôle conscient, il va se connecter aux expériences oubliées, très anciennes et, parfois, l'expérience "primale" de sa naissance. Pendant ce parcours, il est simplement invité à "laisser venir et à accepter ce qui vient", sans chercher à contrôler quoi que ce soit. Il traverse alors l'expérience revécue jusqu'à dissolution complète de la charge émotionnelle qui la leste. Contrairement au bioénergéticien qui propose une panoplie d'exercices différents, le "rebirther" exploite uniquement les vertus de l'hyperventilation. Alors que le premier encourage son patient à extérioriser violemment l'émotion par le cri (exemple: en hurlant sa haine ou son désespoir) ou/et par le mouvement (en martelant des coussins), le second invite le sien à "traverser" celle-ci simplement en "respirant dedans". Le Rebirthing s'est développé sous l'impulsion de Léonard ORR.
9. LA THERAPIE SYSTEMIQUE. (C).
L'homme est un être de communication. Mais la communication peut se gripper, s’enrayer ou se bloquer. Au sein du couple, dans la famille, entre parents et enfants, entre amis ou collègues, nous ne parvenons plus à nous parler. Ou alors, nous nous parlons, mais nous ne nous comprenons plus. C’est comme si nous communiquions sur des longueurs d’onde qui ne se rencontrent pas. Bien sûr nous discutons du problème. Mais d'explications en explications, de mises-au-point en mises-au-point, plus on parle, moins ça change. Pourquoi? Parce que chacun reste prisonnier de son CADRE DE REFERENCE habituel, c'est-à-dire de sa manière usuelle de percevoir les situations. Nous modifions l'agencement interne du cadre de référence tout en laissant inchangé le cadre lui-même. Or, le changement en profondeur, exige de "sortir du cadre", de nous placer sur un palier supérieur qui nous permette de voir autrement et de communiquer sur notre façon de communiquer (méta-communiquer). Alors seulement, nous sommes en mesure de faire apparaître les IMPASSES qui hypothèquent la relation et d’ouvrir des brèches salvatrices. Cette manière d'envisager la résolution des problèmes est de toute première importance dans les pathologies de l'interaction c'est-à-dire dans les problèmes qui naissent à l'intérieur des systèmes relationnels humains. Un SYSTEME est un ensemble d'éléments qui, loin d'être simplement placés les uns à côté des autres comme des allumettes dans leur boîte, sont étroitement inteconnectés. Il en résulte que si l’on agit sur un des éléments du système, tout le système bascule. Les systèmes humains (couple, famille, groupe, entreprises) fonctionnent selon des lois qui sont mieux connues aujourd'hui. Connaître ces lois permet de repérer les "ratés" de l'inter-relation, de remplacer les modalités de communication malsaines, stériles et destructrices par des communications plus saines, plus gratifiantes, plus fécondes. L'approche systemique est utile pour la résolution des conflits conjugaux et familiaux. Elle postule que le “porteur du symptôme” (l’individu qui pose problème) est victime d’un mode de fonctionnement familial malsain. Elle permet alors aux membres de la familles de prendre conscience que la source de la pathologie se trouve dans leur mode de communication. Elle suppose que le thérapeute travaille en même temps avec les deux partenaires du couple ou avec tous les membres de la famille, de manière à éviter que la "guérison" de l'un des membres (le "patient identifié") ne se solde par l'entrée-en-maladie d'un autre ou par la déstabilisation de l’ensemble (ce qui reviendrait à déplacer le symptôme, non à "guérir" la famille). Les initiateurs de la thérapie systémique sont Grégory BATESON, Don JACKSON et Paul WATZLAWICK. Son application à la thérapie familiale fut initiée par Virginia SATIR.
10. LA PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE (P.N.L.) (I/G).
Notre manière de nous représenter le monde nous est aussi personnelle que nos empreintes digitales. Chacun voit et vit le monde à sa façon. Chacun s’exprime en utilisant des “longueurs d’ondes” qui lui sont propres. Nos problèmes ne sont pas la conséquence du monde tel qu'il est mais du monde tel que nous nous le représentons. En PNL, le thérapeute tentera de repérer les “longueurs d’onde” de communication de son patient. Cette "longueur d'onde" transite par les CANAUX SENSORIELS. Ainsi, lorsqu'un patient s'exprime avec des mots ou des expressions comme "je vois", "c'est clair"... on peut en déduire que son canal sensoriel dominant est le canal visuel. Lorsqu'il utilise plutôt des mots ou expressions du genre: "je me dis que", "j'entends bien"...il parle plutôt un langage auditif etc. L'observation du vocabulaire utilisé par le patient est donc un moyen de détection et de diagnostic (l'observation de ses mouvements oculaires en est un autre). Beaucoup d’incompréhensions entre les gens prennent source dans le fait qu'ils s'expriment par des canaux sensoriels différents. En accordant une attention toute particulère à ces canaux spécifiques et en accordant sa longueur d'onde à la sienne, le thérapeute va se mettre au même diapason que son patient, parler son langage, entrer dans son système de représentation. La PNL se propose d'aider les personnes à résoudre leurs difficultés par un travail de courte durée, portant sur des problèmes ponctuels et précis. Les initiateurs de la P.N.L. furent R.BANDLER et J.GRINGER
11. L'HYPNOSE ERICKSONIENNE..
Milton ERICKSON est un des initiateurs les plus prestigieux de la "thérapie brève" (thérapie de courte durée: une à cinq séances). Son originalité a été d'exploiter l'aspect hypnotique et métaphorique de la communication inter-humaine à des fins de changement personnel. L'hypnose ericksonienne se distingue de l'hypnose classique. Dans celle-ci, l'hypnotisé perd son libre-arbitre et est soumis au pouvoir suggestif de l'hypnotiseur. Rien de tel, ici. Induit dans un état de conscience intermédiaire entre veille et sommeil, le patient garde le contrôle de ses actes et l'intégralité de son libre-arbitre. Le thérapeute suggère, mais n'impose rien. L'hypnothérapeute fait généralement un usage intensif de la "métaphore thérapeutique". Cela veut dire qu'une fois connu le système de croyance et de représentation du patient (sa mythologie personnelle), il invente des histoires, des contes, des paraboles, des fables appropriées. Il les choisira de manière à ce qu'elles prennent place dans ce système de représentation mais, dans le même temps, l'ouvrent à des virtualités non encore explorées, créent de nouveaux sens capables de soulager la tension ou le tourment. Notons enfin que l'hypnothérapeute, comme le thérapeute systémique, opte pour une attitude résolument active. Il n'hésite pas, au besoin, à proposer, ou même à imposer, des tâches à réaliser hors des séances. L'idée sous-jacente est que la thérapie ne se limite pas aux entretiens thérapeutiques. Elle se prolonge dans la vie de tous les jours. |