Publication Macadam de malheur. Responsable sécurité sur un réseau d'autoroute, Etienne ne peut oublier les scènes d'accidents sur lesquelles il doit intervenir.

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Macadam de malheur. Responsable sécurité sur un réseau d'autoroute, Etienne ne peut oublier les scènes d'accidents sur lesquelles il doit intervenir.
Description : Responsable «sécurité autoroute» sur un réseau du Sud de la France, Etienne (1) a toutes les raisons de ne penser qu'à son travail. Logement de fonction, pression de la hiérarchie, accidents douloureux, périodes d'astreinte, l'homme est cerné par son environnement professionnel. «Je sors de chez moi et la première personne que je croise, c'est un collègue. Donc forcément, on se met à parler du boulot», explique ce salarié, logé avec sa compagne dans un lotissement de la société qui longe la «2 fois 2 voies». Le nez sur l'autoroute «365 jours par an», il est chargé de sécuriser les chantiers, mais aussi les accidents. Des choses «dures à voir», des «crashs parfois terribles», qu'il avoue être incapable d'oublier. «Quand vous voyez des enfants morts dans les bras de leurs parents, c'est difficile à évacuer. Ça revient sans cesse, à la maison, en repos, le soir au coucher. Les images sont toujours là.»


En plus de ses journées bien remplies, Etienne est parfois d'astreinte. Une semaine durant, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il doit être disponible en cas de coup dur. «C'est parmi les plus grandes périodes de stress. Je peux être appelé à n'importe quelle heure pour une intervention. Je dois me tenir prêt et, du coup, je ne parviens pas à me relâcher.» L'hiver, c'est sur la météo qu'Etienne concentre son attention. Avec des décisions à prendre, entre le mauvais temps et l'avarice de sa hiérarchie. «Va-t-il neiger ou pas ? Et, si oui, va-t-il neiger suffisamment pour justifier la sortie d'un chasse-neige ? Suffisamment pour que mon chef ne m'engueule pas d'avoir engagé une dépense inutile ?» Dans cette ambiance professionnelle où le travail n'a plus vraiment de frontières, Etienne, plus que d'autres encore, rentre le soir et prend sa femme «pour un psy». Celui qui a besoin de «vider son sac» essaie d'en «parler un peu puis de passer à autre chose». Mais rapidement le sujet revient. «Je me mets à penser à la journée, à ce que je dois faire le lendemain, à mon rapport avec mes chefs. Impossible de ne pas lui en parler. Même si je sais qu'elle en a marre...»

(1) Le prénom a été changé.


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