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Le vendredi 7 avril, le Ministre de la Santé, M. Xavier Bertrand a réuni les
organisations de psychologues, de psychiatres, de psychanalystes et de psychothérapeutes,
pour leur présenter la nouvelle mouture du projet de décret sur le titre de psychothérapeute.
Ce texte constitue une attaque frontale contre la profession de psychologue, et la mise sur pied
d’une nouvelle profession au rabais : celle de psychothérapeute.
Qu’on en juge :
- article 2 : les docteurs en médecine (quelle que soit leur spécialité), les psychologues
(quelle que soit leur spécialité) et les membres d’une association de psychanalystes
(quelle qu’elle soit) sont inscrits d’office sur la liste, sans exigence de formation.
- Article 6 : (pour les autres) : la formation en psychopathologie clinique « conforme au
cahier des charges fixé par arrêté du ministre chargé de la santé… peut être confiée à
l’université ou à des organismes passant convention avec l’université » (mais le
Ministère chargé de l’enseignement supérieur n’est plus dans le décret !)
- Article 7 : « ce cahier des charges doit notamment prévoir une formation théorique
d’une durée de 150 heures et un stage pratique d’une durée minimale de quatre
mois… »
En termes clairs, à côté d’une clause du grand-père généreuse pour les gens qui ont
actuellement 5 années de pratique (vérifiée comment ?), et même pour ceux qui ne les ont pas,
deux voie s’ouvrent pour ceux qui souhaitent accéder à ce titre :
1. Suivre 150 h de cours de psychopathologie (ce qu’il y a dans plusieurs licences de
psychologie) à l’université ou ailleurs (et par exemple dans une école gérée par une
secte) et faire un stage de 4 mois (sans autre précision d’horaire) dans « un
établissement de santé ou un établissement médico-social » (pourquoi pas lui aussi
géré par une secte)
2. Plus simplement, créer une « association de psychanalystes »
Des heures de discussion parlementaire, des heures de travail de la DGS, des heurs de
mobilisation des organisations diverses ont abouti à un résultat extraordinaire : le Ministère de
la Santé, chargé par le parlement de lutter contre la dérive sectaire lui donne les moyens de
s’organiser. Si bien entendu, ce revirement du ministère de la santé est en partie lié au
lobbying efficace de sociétés de psychothérapeutes, la question essentielle est de savoir
pourquoi elles ont eu une oreille aussi complaisante au Ministère, et c’est surtout là, que la
situation est inquiétante : quand on lui parle de master, le ministre de la santé n’entend rien,
quand on lui parle d’exigences de formation en psychopathologie pour tous, le ministre
n’entend rien. Quand on lui demande comment il va contrôler la prolifération ainsi
programmée des sociétés de psychanalystes, le ministre répond qu’il n’ira pas contre la liberté
d’association. Certes, toutes les organisations invitées peuvent faire des propositions
d’amendements au texte, mais il est clair que le ministère de la santé s’est donné les moyens
d’organiser une profession de sous-psychologues, et on ne voit pas qu’il ait l’intention de
changer son projet. La mise à l’écart du ministère chargé de l’enseignement supérieur est de
ce point de vue plus qu’inquiétante.
Dans ces conditions, la FFPP travaille à des amendements du texte. Elle va les
proposer à toutes les organisations susceptibles de défendre non seulement les psychologues,
mais ce que le ministère a complètement abandonné : les usagers. Peut-on espérer un sursaut et une convergence des actions ?
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