Publication L’AETMIS propose des lignes directrices cliniques et des normes technologiques en matière de télépsychiatrie

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L’AETMIS propose des lignes directrices cliniques et des normes technologiques en matière de télépsychiatrie
Description : La télépsychiatrie est un élément déterminant pour améliorer la continuité et la complémentarité des soins en psychiatrie dans l’ensemble du territoire. Elle est donc appelée à jouer un rôle important dans le contexte de la réorganisation de la prestation des soins à l’échelle du Québec. L’AETMIS publie aujourd’hui un rapport sur les lignes directrices cliniques et les normes technologiques qui devraient encadrer la télépsychiatrie. Ce rapport en télésanté est le premier d’une série de trois préparés à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux. Les prochains rapports porteront sur la téléréadaptation et la télépathologie.

La télépsychiatrie et ses principaux champs d’application

La télépsychiatrie repose sur l’utilisation de la vidéoconférence pour relier simultanément et en temps réel un patient et un professionnel de la santé mentale, ou des professionnels de la santé entre eux, afin de réaliser une activité diagnostique, thérapeutique, formative ou autre entre plusieurs sites. C’est l’une des plus anciennes applications de la télémédecine, dont les premières expériences remontent aux années 1950. Toutefois, c’est à partir des années 1990 qu’elle a véritablement pris son essor.

Plusieurs activités cliniques réalisées en télépsychiatrie pour adultes peuvent répondre efficacement aux besoins des patients et de leurs proches : l’évaluation du patient et la confirmation de son diagnostic, la révision des médicaments de patients qui ne sont pas en situation d’urgence, l’élaboration de plans de soins cliniques, le suivi et la révision des traitements, l’évaluation et la thérapie psychologiques, l’administration de tests psychologiques et neuropsychologiques, la thérapie individuelle, de couple, de famille et de groupe, la psychoéducation, la pharmacoéducation et les réunions d’étude de cas et de supervision d’équipes de soins, les expertises médicolégales et certaines urgences psychiatriques.

Les états cliniques qui se prêtent à la télépédopsychiatrie sont la dépression, l’anorexie, les troubles du comportement et le syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention. Elle est aussi employée pour mener à distance des séances de psychothérapie.

Par contre, il existe des situations où la télépsychiatrie est contre-indiquée, entre autres pour les patients violents, instables ou impulsifs, ceux qui présentent un risque de suicide immédiat ou une dangerosité immédiate, de même que pour plusieurs autres dont le rapport fait état.

Modalités d’application et normes technologiques

Pour garantir la qualité des pratiques en télépsychiatrie, certaines modalités organisationnelles s’imposent : système central de réservation et outil générique de consultation, établissement d’ententes types pour encadrer les relations entre les sites, etc.

Le rapport dégage également les normes technologiques qui apparaissent cruciales pour assurer la qualité des soins. Ces normes touchent tant les caractéristiques des lieux physiques où se déroule la téléconsultation que l’équipement de télécommunication et les modalités de transmission. Le rapport insiste sur le fait que toute la chaîne de communication doit respecter des normes minimales. Un seul maillon faible et la qualité de l’image et du son se détériore de manière significative.

Réflexions à poursuivre

Le rapport apporte un premier éclairage sur la question du seuil de rentabilité de ce mode d’intervention, qui devra être approfondie ultérieurement. Il apparaît toutefois assez évident que le seuil de rentabilité dépend étroitement du volume d’utilisation.

L’AETMIS fait valoir l’importance de poursuivre la réflexion sur le cadre juridique de la télépsychiatrie – consentement du patient, protection de la confidentialité et obligations relatives à la tenue du dossier médical, responsabilité civile des divers professionnels concernés, etc. –, de même que sur les considérations éthiques que soulève cette transformation de la relation thérapeutique. À ce sujet, l’AETMIS rappelle que la télépsychiatrie ne doit pas être un substitut à la présence de psychiatres en région ni une entrave à leur établissement dans les régions éloignées.

Enfin, l’AETMIS insiste sur l’importance de gérer et d’accompagner le changement par une formation appropriée des intervenants.

À propos de l’AETMIS

Relevant du ministre de la Santé et des Services sociaux, l’Agence a pour mission de conseiller et d’appuyer, au moyen de l’évaluation, les décideurs du milieu de la santé en matière d’introduction, d’acquisition et d’utilisation de technologies et de modes d’intervention. Constituée d’un maximum de 15 membres experts, l’AETMIS emploie une trentaine de chercheurs et de spécialistes en évaluation couvrant les domaines de l’efficacité, de la sécurité et de l’efficience des technologies de la santé ainsi que les impacts éthiques, sociaux, organisationnels et économiques liés à leur adoption.
Site Web : Lien vers AETMIS
Documents : 2006_01_res_fr.pdf
Documents : 2006_01_fr.pdf


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