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Suisse : Désormais, pour être psy, il faudra étudier la psychologie. N’importe qui ne pourra plus s’autoproclamer psychologue ou devenir psychothérapeute.

Posté le 04/10/2009 par MARTINE CLERC, Tribune de Genève du 03/10/2009

N’importe qui ne pourra plus s’autoproclamer psychologue ou devenir psychothérapeute. Pour protéger les patients de la tromperie et mettre un peu d’ordre dans le domaine, le Conseil fédéral a présenté au parlement un projet de loi.

«Cette loi, on l’espère depuis vingt ans!» se réjouit Roland Stähli, président de la commission de la Fédération suisse des psychologues (FSP). La plus grande association professionnelle de psychologues et de psychothérapeutes en Suisse applaudit le projet de nouvelle loi qui réglemente sur le plan national les professions de la psychologie. Un texte qui a été présenté mercredi au parlement par Pascal Couchepin.

Car en Suisse, une grande opacité entoure le marché des services psychologiques, chaque canton ayant sa propre réglementation. «Dans le canton de Vaud, n’importe qui peut ouvrir un cabinet et poser une plaque avec l’inscription du mot psychologue. Une aberration», dénonce Raphaël Gerber, président de l’Association vaudoise des psychologues (AVP).

Cette nouvelle loi vise à améliorer la santé et à préserver de la tromperie les gens qui recourent à des prestations psychologiques, note le Conseil fédéral. En effet, partout dans le pays, des psychologues autoproclamés ou des coaches proposent soutien psychologique ou psychothérapie entre autres hypnothérapie et art thérapie. «Nous ne leur défendons pas d’offrir ces prestations, mais il ne faut pas qu’ils se nomment psychologues», insiste Roland Stähli. Cette harmonisation des règles cantonales est aussi saluée à Genève, dont la législation est parmi les plus exigeantes de Suisse.

Master obligatoire

Ce que va changer la loi: elle instaure des dénominations professionnelles protégées et explicites. Seule une personne possédant un master ou un diplôme en psychologie d’une haute école pourra se déclarer «psychologue». Quant aux psychothérapeutes qui veulent par exemple ouvrir un cabinet, ils devront achever une formation post-grade idoine accréditée mais aussi – et c’est nouveau dans certains cantons – être également au bénéfice d’un master en psychologie. La surveillance sera assurée par les cantons.

C’est sur ce point que les détracteurs de cette loi sont, hier, montés aux barricades. Le projet législatif «manque son but», osent les représentants de la Charte suisse pour la psychothérapie. Dans cet organisme se retrouvent des instituts de formation, les associations regroupant des membres d’un même courant psychothérapeutique ou encore l’Association suisse des psychothérapeutes. «Rien n’indique que les psychothérapeutes ayant un diplôme dans une autre science sociale sont moins bons en tant que thérapeutes, écrivent les opposants dans un communiqué. (…) Ceci revient à favoriser les psychologues de manière arbitraire.»

Plus de 10 000 psys

Des critiques qui font réagir la Fédération suisse des psychologues. Elle considère que les études de psychologie constituent la base scientifique essentielle du métier de psychothérapeute, «au même titre qu’on ne devient pas avocat sans avoir fait des études de droit», image Roland Stähli. Les instituts de psychologie des universités suisses saluent également le projet de loi, qui donne à la Suisse des exigences similaires à ses voisins européens.

La Suisse compte plus de 10 000 psychologues, selon la FSP, dont quelque 3800 psychothérapeutes. Une enquête montrait en 2007 que 330 000 personnes se trouvaient en traitement pour troubles psychiques. Si le parlement adopte la loi – une majorité des élus semble acquise – celle-ci pourrait entrer en vigueur en 2013.


La psychologie, c'est bien, un diplôme c'est mieux...

Seules les personnes titulaires d'un diplôme reconnu en psychologie pourront désormais se prévaloir du titre de psychologue. Le gouvernement a transmis mercredi au Parlement un projet de nouvelle loi fédérale sur les professions de la psychologie.


Cette loi vise à améliorer la protection de la santé en rendant transparent «le marché jusqu'à présent opaque des prestations psychologiques», explique le ministère de l'Intérieur. Il n'existe à l'heure actuelle en Suisse aucune réglementation nationale pour la formation de base en psychologie et pour les filières de formation postgrade dans ce domaine.

Les conditions pour l'admission et l'exercice de la profession varient selon les cantons. Le titre de psychologue n'est en outre pas protégé, si bien que tout individu peut s'en prévaloir

La nouvelle loi améliore la protection pour les patients, en réglementant au plan national la formation de base et postgrade des psychologues, ainsi que l'exercice de la profession. Elle établit par ailleurs des dénominations protégées et crée un label de qualité fiable en instaurant des titres postgrades fédéraux.

Quelque 2600 médecins spécialistes en psychiatrie ou psychothérapie exercent à titre privé en Suisse. A cela s'ajoutent encore quelque 3800 psychothérapeutes non médecins, au bénéfice d'une autorisation cantonale d'exercer. Selon l'enquête suisse sur la santé 2007, un tiers des Suisses sont suivis par un psychologue.







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