PsY en mouvement en tant que Fédération de la psy-diversité est une association qui regroupe les quatre types de praticiens de la psychothérapie (psychiatres, psychanalystes, psychologues et psychothérapeutes) tous mouvements confondus. Ce samedi 4 Avril 2009, à Paris elle a organisé une Controverse sur la situation de crise que traverse depuis 2004 les psychothérapeutes français. En effet excédée par les tergiversations du gouvernement français sur la mise en vigueur du Décret d’application de l’Article 52 concernant l’usage du titre de psychothérapeute, l’objet de ce débat public était de définir une nouvelle stratégie notamment face au législateur qui a récemment fait voter à l’unanimité de l’Assemblée nationale un cavalier législatif pour forcer l’application de l’OPA sur le titre de psychothérapeute.
Cette journée s’est déroulée selon deux temps forts : une matinée, plus expérientielle et une après-midi plus politique.
Le matin un débat fut organisé autour du thème : « Du psychothérapeute nié au psychothérapeute spécialiste » par Bruno Dal-Palu, Psychologue, Chargé de cours à l’Université d’Avignon, avec une application sous forme d’atelier sur la thématique : « Le Psychothérapeute et le patient borderline », animé par Pierre Nantas, Psychothérapeute, Addictologue et Président de l’AFORPEL et Géraldyne Prévot-Gigant, Psychothérapeute, Vice-présidente.
L’après-midi fut entièrement consacrée à la stratégie pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les psychothérapeutes avec l’Article 52 récemment amendé.
Serge Ginger, Secrétaire Général de la FF2P, nous ayant fait le plaisir et l’honneur de débattre avec nous traita le thème suivant : « Les aléas du décret : avancées et interrogations : Les corporatismes s’affrontent… », en insistant sur les actions de sa fédération pour faire modifier la loi concernant les psychothérapeutes . Le Professeur Bernard Granger, Psychiatre, Chef de service psychiatrique de l’Hôpital Tarnier, a ensuite apporté sa contribution à nos échanges, en situant son propos sur deux points : d’une part dans son combat contre la loi HPST (Hôpital, patient, santé et territoires) il nous a informés par ses contacts notamment avec le sénateur Milon (rapporteur de la loi au sénat), de la nécessité de faire supprimer l’amendement concernant le Titre de psychothérapeute. D’autre part en tant qu’universitaire et clinicien il nous a partagé sa conception concernant : « Les conditions de bonnes pratiques de psychothérapies ».
Après un débat houleux mais respectueux de chacun, Bruno Dal-Palu, Président de PsY en mouvement a dévoilé « La nouvelle stratégie pro-active pour rester psychothérapeute » assumée par le CA de cette fédération qui tient en trois points forts :
1 – PsY en mouvement dénonce l’application d’une loi qui établirait des psychothérapeutes de droit alors que d’autres qui en ont fait le Titre, n’en seraient que des « ni,ni,ni », en considérant au contraire qu’il y a des Psychothérapeutes spécialisés et d’autres psys qui pratiquent la psychothérapie. Au-delà de la terminologie c’est un choix stratégique de communication qui repose de plus sur la réalité face aux patients.
2 – Le gouvernement cherche à déposséder les psychothérapeutes de leur Titre, et bien PsY en mouvement, en est aujourd’hui propriétaire du terme qui est déposé à l’I.N.P.I, depuis le 2 février 2009, et l’attribuera à ses adhérents qui correspondent aux critères nécessaires pour être Qualifiés ou Certifiés en psychothérapie.
3 – De manière symbolique, cette nouvelle stratégie a été matérialisée, sous des regards médusés et un tonnerre d’applaudissements, par une carte professionnelle de psychothérapeute, remise aux premiers membres de cette fédération qui correspondaient à ces critères.
Le président de PsY en mouvement, termina son exposé en soulignant que cela était néanmoins complémentaire à une action en direction des sénateurs, qu’il concrétisa en demandant à Serge Ginger d’accompagner la délégation de PsY en mouvement, samedi 10 avril, pour rencontrer le Sénateur Milon lors de sa présentation publique de son rapport près d’Avignon.
Puis de manière plus pragmatique, le débat s’est orienté sur le « Nouveau dispositif d’auto-entrepreneur pour l’installation des psychothérapeutes » présenté par Lyliane Pays-Lassale, ex-inspectrice du travail.
Enfin, Jean-Michel Louka, Psychanalyste, Docteur ès Sciences Humaines de l’Université de Paris, a élevé notre réflexion sur le thème « De l'extra-territorialité de la psychanalyse aux derniers "Sans-Papiers" ».
Les travaux se sont terminés, comme prévu à 18 heures précises, dans un enthousiasme communicatif et déterminé, montrant qu’un tournant décisif dans la lutte venait de s’amorcer.
Michèle David,
Psychothérapeute & Chargée de missions auprès du Président de PsY en mouvement
http://www.psy-en-mouvement.com